Underground – le projet de Pierre-Louis Ferrer au flash infrarouge

La photographie en infrarouge présente une forte tendance à être utilisée en extérieur pour révéler des paysages oniriques. En effet, le soleil représente une source de rayonnement infrarouge majeure même par temps nuageux, et assure un beau rendu des scènes photographiées. Il est cependant possible d’appliquer cette technique en intérieur, à condition de disposer d’une source lumineuse émettant suffisamment d’infrarouge.

C’est ainsi que Pierre-Louis Ferrer, membre du collectif LUM’I.R., a débuté un projet de photographie de rue au flash infrarouge dans le métro parisien en septembre 2017.


Underground

Une virée invisible dans l’obscurité du métro parisien

 

« La réalisation de ce projet a débuté en septembre 2017, alors que l’arrivée de l’hiver ralentit d’ordinaire la production photographique en extérieur. J’ai conçu mon propre système d’éclairage me permettant de flasher les scènes que je souhaite photographier sans être repéré. Les flashs émis sont invisibles car filtrés pour ne laisser passer que le rayonnement infrarouge, assurant de conserver le naturel des sujets et de les laisser vaquer à leur voyage. Ce projet m’a également permis d’évoluer dans ma pratique photographique, en suivant une démarche plus sensible, plus brute. J’ai privilégié l’utilisation d’une focale fixe argentique et des prises de vue à haute sensibilité, quitte à ce que l’image finale soit bruitée ou les sujets un peu flous. »

Le but premier de cette série est d’illustrer une vie souterraine imperceptible où la lumière artificielle de l’environnement urbain est absente. Seul le flash du photographe révèle les scènes se déroulant face à lui, donnant un caractère claustrophobe et anxiogène aux instants captés. Dans le métro, un parallèle peut être fait entre les sujets se rendant à leur travail et des mineurs se mouvant dans des boyaux souterrains, sombres et sans but visible. Les attitudes figées alternent ainsi entre déplacements dans des couloirs sans fin, recherches d’itinéraires invisibles ou encore utilisation d’escaliers menant à des niveaux inconnus. Les spectateur est à son tour dérouté par cette absence de repère dans un environnement qui lui est pourtant familier.

« Je compte poursuivre ce projet en continuant la visite du métro parisien d’une part, et en élargissant mon espace de travail aux rues de nuit, aux galeries marchandes et à tout autre lieu clos où circulent des êtres humains. »

« Ce projet marque également mon entrée dans le domaine de la photographie de rue, la recherche de l’instant, l’attente et l’observation de mon environnement. Bref un projet très bénéfique pour moi, d’autant que j’ai la phobie du métro. »

 L’ensemble des photographies composant ce projet est visible sur le site de son auteur à cette adresse : www.plferrer.photos/series/underground/